Retour d’expérience critique

Retour d’expérience critique sur le jeu de territoire. Et après ?

Suite à la restitution effectuée par l’équipe franco-argentine le 31 mai à l’INTECH, les acteurs argentins porteurs de la démarche, l’agence locale de l’INTA et la municipalité de Chascomus, ont émis de nombreux commentaires concernant la démarche dans sa globalité, leur ressenti et l’apport de la démarche pour le territoire de Chascomus. Ces observations sont un retour d’expérience critique tant pour l’équipe d’étudiants français que pour les partenaires argentins qui sont désireux de poursuivre la démarche Initiée grâce au jeu de territoire.

Ce que permet le jeu de territoire :

Plusieurs points positifs ont été émis par les acteurs porteurs de la démarche :

  • Le jeu de territoire leur a permis de favoriser la participation de tout un ensemble d’acteurs du territoire, mais aussi de montrer la pluralité des avis et des visions concernant le territoire. Ces acteurs représentent une diversité importante d’acteurs du territoire et la vision globale qui émerge du jeu de territoire a été très appréciée.

  • Le jeu a également permis de dépasser une vision très sectorielle des problématiques du territoire et la manière de penser l’action. Il a au contraire fait émerger une vision partagée, transversale et complexe, dans laquelle l’ensemble des acteurs se sont retrouvés. Les acteurs présents ont notamment parlé de « dépasser l’égocentrisme ».

  • Malgré les appréhensions exprimées par les acteurs porteurs de la démarche, les participants au jeu ont été pleinement intégrés à la démarche est cela a permis de “créer de la connaissance à partir de l’expérience”. Ces acteurs se sont sentis concernés, ont participé à la démarche jusqu’à la fin de manière active et intéressée. Un engagement très fort s’est révélé et cela fut une surprise pour les porteurs du projet.

Les limites du jeu de territoire :

D’autres points ont été émis, plus critiques à l’égard de la démarche, notamment sur les fiches de jeu :

  • Les données présentées dans les fiches de jeu sont anciennes et peuvent ne plus refléter la réalité du terrain. Il s’agit cependant de données officielles. Ces dernières manquent dans le contexte argentin et créer ces fiches est très difficile. Cela semble être un frein pour les acteurs du territoire, notamment pour mener ce type de démarche à l’avenir. Ils ont bien précisé que cela n’était pas insurmontable mais que certains biais pouvaient exister dans les fiches. Ces fiches ont été demandées par un nombre important d’acteurs présents lors du jeu de territoire et cela est révélateur, à la fois de l’intérêt porté par les participants à l’égard des données et de leur territoire, mais aussi et surtout du manque de données.

  • Mener des démarches pour la constitution des fiches représente un coût humain et matériel important. En effet, il s’agit de mobiliser une équipe sur une longue durée et cela est difficile à mettre en place par les acteurs locaux. Il leur a été préconisé d’entrer en relation avec des universités afin qu’elles puissent, dans leur domaine de compétence, élaborer des fiches de manière plus efficiente.

L’application à d’autres territoires :

Dans la perspective de mise en place d’un nouveau jeu de territoire, de nombreuses questions restent en suspens :

  • Parmi les parties prenantes potentielles d’un projet, comment choisir les porteurs du projet ? Quel est le rôle des acteurs porteurs, et comment peuvent être réparties les responsabilités entre les acteurs mobilisés ? Ces interrogations sont légitimes et peuvent représenter des freins si on ne peut y répondre.

  • Des acteurs locaux peuvent-ils porter la démarche sur le plan financier et humain ? Quel accompagnement est possible ? Ces questions d’échelles et de moyens se posent pour continuer voire reproduire une telle démarche.

Bilal